Phnom Penh : Vat Phnom, Psar Chaa, Psar Thmei

Comme il n’y avait pas de bus à l’heure qui m’arrangeait ce matin, j’ai pris un tuk-tuk jusqu’à Kampot pour prendre mon minibus express pour Phnom Penh. Le trajet entre 7h30 et 8h15 m’a permise de voir la campagne sous une belle lumière… Forcément, il y avait du soleil ce matin 😉
Entre Kampot et Kep

Campagne entre Kampot et Kep

Le trajet avec la compagnie Giant Ibis était vraiment nickel, je recommande. On est arrivés à l’heure quasi à la minute près, à 11h. J’ai de plus pu laisser mon gros sac à dos à un service de consigne. Très pratique.

Comme j’étais assaillie par les tuk-tuk alors que je n’en voulais pas dans l’immédiat, j’ai calmé le truc en négociant le tuk-tuk pour aller à l’aéroport en fin d’après-midi.

Puis je suis partie faire un tour au Psar Chaa (Old Market), un marché couvert uniquement fréquenté par des cambodgiens. On y trouve des stands de bijoux clinquants, des tireuses de cartes, des marchands de fleurs et d’offrandes pour les temples, des marchants de fruits, de vêtements, des salons de beauté à murs ouvert où les femmes se font faire un masque, un shampoing (assise sur un tabouret sans lavabo) ou encore un massage (habillée) devant tout le monde et dans le bazar et la moiteur du marché.

Ensuite, j’ai continué vers le Vat Phnom. En chemin, je me suis arrêté pour manger au resto La Patate, tenu par un belges comme on peut le voir aux murs. D’ailleurs, la rue est pleine de restos européens.

La Patate, restaurant belge

Le Vat Phnom aurait été fondé en 1373 par la Grand-Mère Penh qui avait trouvé des statues échouées sur le rivage du Mékong. C’est cette pagode qui a donné son nom à la ville. C’est une petite butte agréable, entourée d’un square circulaire et d’une aire de jeu pour les enfants. Le bâtiment actuel date du début XXème et les peintures sont sympas mais mais pas des chefs d’œuvre. Il y a aussi une statue de Mme Penh dans un petit sanctuaire tout découvrez des guirlandes lumineuses et de décorations clignotantes.

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Vat Phnom

Pas loin du temple, il y a aussi les deux seuls buildings de plus de 4 étages que j’ai vu au Cambodge.

Un des deux seuls buildings du Cambodge que j'ai vu

Vu que je n’étais plus très loin, je suis passée devant l’ambassade des États-Unis pour aller voir le Psar Thmei. En parlant d’ambassade, ça me fait penser que j’avais vu l’ambassade de France en quittant Phnom Penh pour le Mondolkiri. Le saviez-tu ? L’ambassade de France est l’endroit ou se sont réfugiés les étrangers et leurs conjoints cambodgiens ainsi que leurs amis et / ou collègues lors de la prise de Phnom Penh par les Khmers Rouges en avril 1975. Quelques jours après, les Khmers Rouges ont exigé que tous les cambodgiens partent sous peine d’exécuter tout le monde. Les femmes cambodgiennes ont pu finalement rester avec leur mari, mais pas les hommes cambodgiens avec leur femme.

Le Psar Thmei est assez impressionnant de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Le bâtiment, de style Art Déco par un architecte français, a été construit en 1936. Le dôme de 26 m de haut permet que le marché, sans être « frais » comme mon Lonely Planet l’affirme, soit bien moins étouffant que les autres marchés. J’y ai acheté un pantalon. J’ai un doute là maintenant mais bon, il n’était pas cher 😉

Psar Thmei

Je suis rentrée à pied jusqu’à l’office de la compagnie de bus pour récupérer mon sac et mon tuk-tuk. J’en ai profité pour boire mon dernier jus de canne à sucre. J’étais bien en avance mais j’en avais plein les pattes alors on est parti pour l’aéroport. En route il s’est mis à pleuvoir mais mon tuk-tuk avait l’air moyennement préoccupé par le fait que je soit mouillée. Apparemment, pour lui, si j’ai un toit sur la tête, c’est bon. Sauf qu’avec le vent et tout, même avec les protections latérales que je lui au demandé de mettre, j’ai fini mouillée ainsi que mes sacs. En sortant, j’ai fait un faux pas et je crois que j’ai un peu craqué une attache de auvent… Un point partout :/

J’ai effectivement attendu à l’aéroport mais toujours moins que ce que je suis en train de faire ici, à Bangkok. Dans l’avion, les hôtesses et stewards ont à peine eu le temps de servir et débarrasser le repas qu’on était déjà en approche. Mais j’adore Bangkok Airways, sa présentation chantée et ses hôtesses impeccables. Arrivée à 20h20 à Bangkok, je repars à minuit. Mais idéalement, il ne faut pas que je dorme avant 2-3 heures du matin. Vu comme je me couchais tôt, je compte sur les film de l’avion !

Ce sera tout depuis l’étranger je pense et jusqu’ici, tout va bien !

Le jour où j’ai marché sur les morts

Ce matin, levée à 6h30, j’ai commencé par réserver mon trajet pour demain : 8h de bus !
Puis direction la prison de Tuol Sleng (sous le régime Khmer Rouge ou Angkar selon le nom qu’ils se donnaient). J’ai fait un deal avec un tuk-tuk pour faire un combo avec les Killing Fields (champs de la mort) pour qu’il m’attende à chaque fois avant de rentrer.

Tuol Sleng

La prison de Tuol Sleng est l’un des endroits où les Khmers Rouges envoyaient les personnes qu’ils arrêtaient pour qu’ils y fassent leur confession sous la torture avant d’être envoyé à Chuong Ek. C’est une visite très difficile et bouleversante où l’on visite les chambres de tortures et les cellules improvisées dans les salles de classe.

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Il faut comprendre que les gens étaient arrêtés pour un mot de travers envers un responsable ou le tort d’être un intellectuel, d’avoir des lunettes ou les mains trop douces (et donc de ne pas être un paysan). Ensuite, ils leurs faisaient avouer des crimes imaginaires et dénoncer leurs amis, leurs familles, leurs collègues qui étaient arrêter eux aussi et ça recommence. Quand ils arrêtaient une personne, ils prenaient aussi la femme et les enfants et tout le monde était tué, enfants & bébés compris.

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20000 personnes sont passées par cette prison… Toutes documentées avec des photos… Parfois des photos avant-après. Tout ceci est visible à Tuol Sleng. Duch, le directeur de la prison a pris la responsabilité de ces crimes et a été condamné pour crime contre l’humanité et crimes de guerres.

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Ensuite, les Killing Fiels… C’est à l’extérieur de la ville, environ 15 km. En y allant en tuk-tuk on voit la vie quotidienne des Cambodgiens.

Killing Fields

En arrivant la-bas, on vous confie un audioguide très bien fait, qui décrit ce qui s’y est passé et des témoignages de rescapés. On se promène dans un paysage verdoyant avec une plaine pleines de creux… Les charniers. En passant, on voit des os et des morceaux de vêtements qui remontent à la surface à la faveur des pluies. Au début, on ne les voit que dans mes zones délimitées jusqu’au moment où l’on s’aperçoit qu’il y en a aussi sur les sentiers. Un stuppa a été érigé pour contenir les ossements, mais il est désormais plein et ils laissent donc les autres restes où ils sont.

Par économie, les victimes étaient exécutées à coups de bambou, marteau, tuyau… Attention, je vais ajouter un détail qui va vous choquer mais c’est pour donner la mesure. Les bébés étaient tués en les frappant contre un arbre que l’on peut voir encore aujourd’hui. Ensuite, ils étaient jeté avec leur mère dans une fosse à part. Une centaine ont été retrouvés.

Il faut par ailleurs se rendre compte que les soldats, les bourreaux étaient souvent des adolescents et de très jeunes adultes qui avaient été forcés de s’enrôler chez les Khmers Rouge sous peine de subir la même chose avec leur famille.

Tout ceci, quand on se renseigne sur l’histoire, est une fois de plus l’histoire d’une ideologie qui se transforme en une sorte d’administration folle et jusque boutiste où aucune porte de sortie n’était visible… Jusqu’à ce que les Vietnamiens envahissent le pays en 79 et imposent un changement de régime. Cependant, le régime des Kmers Rouge a continué d’être supporté par la communauté internationale (présents au Nations-Unie et soutien financier) jusque dans les années 80… après tout, les Kmers Rouges étaient toujours les dirigeants officiels du pays…

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Musée National du Cambodge

Après cette visite éprouvante mais qui remet les pieds sur terre sur la folie des êtres humains, j’ai demandé à mon tuk-tuk de me déposer dans une cuisine de bord de route pour acheter à emporter et de me ramener chez moi. Il voulais me proposer des restos mais à 5€ les pudh thaï, faut pas déconner.

J’ai ensuite mangé, fait une petite sieste et je suis repartie pour le Musée National du Cambodge qui possède l’une des plus belle collection d’Asie de sculptures pré-angkorienne et angkorienne. J’ai même pû assister à la conférence d’un ponte (français me semblait-il) d’un grand Musée américain je crois.

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Puis j’ai été me prendre un mango shake (mioum !) avant d’aller manger dans un resto de bric et de broc qu’on trouve partout en Asie du Sud-Est. J’y allais pour prendre à emporter mais j’ai rencontré Dom, un jeune indonésien qui travaille aux Philippines à Djakarta et sort avec une thaïe. C’est une des rares personnes que je rencontre d’origine Sud-Asiatique qui voyage pour ses vacances. La première chose qu’il m’a dit, c’est qu’il trouvait que le bouddhisme et tout, c’était un peu étrange ! Une conversation passionnante de 3 heures qui m’amène maintenant à me dépêcher un peu. Il faut encore que je prenne une douche et que je prépare mon sac. Demain, je dois être prête à 6h30 !

Une journée riche qui s’est terminée de manière très agréable ! Donc jusqu’ici, tout va bien !

Phnom Penh, jour 1 ou 2

Je ne suis pas trop sûre de comment je dois commencer à compter vu qu’hier j’ai déjà eu une sorte de demi-journée mais bon bref.

Dans ma chambre-grotte (sans fenêtre donc), j’ai plutôt bien dormi… Boules-quies au petit matin mais j’ai quand même écrasé presque jusqu’à 10h. Ensuite, petit dej et changement de chambre.

Je suis partie pour aller voir le Palais Royal pour m’apercevoir qu’il ferme à 11h. Raté. De retour dans ma chambre, j’ai pris ma 2ème douche de la journée. Les 20min de marche aller-retour avaient réussi à me mettre en nage. Il fait très très chaud, surtout vers 12h bien sur et il y a du soleil. Donc, dès que je bouge un peu, je fond.

J’ai profité du contre-temps pour préparer les jours qui viennent vu que je n’avais toujours pas décidé où j’allais après Phnom Penh. J’ai envie de campagne parce que la circulation en Asie, c’est vraiment l’enfer… Résultat, je ne vous dit pas. Ce sera la surprise. Mais vous pouvez lancer les paris en commentaires 😉

Puis je suis repartie au Palais Royal. J’achète mon billet et je m’apercois que ma robe longue grise avec un foulard sur les épaules n’est pas « convenable » pour la visite. Seule solution sur place, acheter un grand t-shirt blanc en jersey épais qui
1. Est moche (je ne le remettais jamais tel quel)
2. Va me tenir super chaud

Je repars donc encore à ma pension pour me changer…

Finalement, je suis entrée et je visite pour m’apercevoir que j’ai oublié de remettre ma carte dans mon appareil après avoir blogué hier… Supeeeer. Bon heureusement, j’ai mon téléphone :

 

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Le Palais n’est pas visible entièrement mais sympa à voir. Le Pavillon d’argent (2ème photo) est pavé d’argent ciselé mais tout est protégé sous des tapis à part à un endroit mais ce n’est pas super entretenu donc ça ne brille pas des masses. En plus, pas le droit de prendre photos… Ce qui le cas pour la salle du Trône. Je trouve ça un peu étrange car cela ne permet pas je trouve de diffuser l’attrait du Cambodge autour de soi. Une mauvaise pratique de marketing pour un pays me semble-t-il.

J’ai aussi acheté sur place un foulard en soie rouge tissé par une jeune femme qui faisait une démo de tissage dans le Palais. On pouvait aussi visiter une maison khmer traditionnelle avec l’unique chambre réservé à la ou au filles de la famille. Les garçons dorment dehors eux. Ouste.

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Ensuite j’ai pris un tuk-tuk suite à une négociation pas trop mal menée je pense (2$ au lieu de 5$) pour le marché russe (qui n’est pas russe du tout) mais c’était en train de fermer. J’ai donc flâné dans le quartier et je suis tombée sur un marché de nourriture où je me suis acheté un ananas… La viande ne faisait pas trop envie…!

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Puis retour à la chambre pour poser mes affaires avant de repartir manger chez Friend’s (un restaurant gastronomique qui forme des jeunes marginaux) pour 12$ et de me faire masser les pieds 1h chez Seeing Hands qui emploie des aveugles pour 6$. Le restaurant est plus cher que ce qu’on trouve ailleurs mais la qualité est vraiment là. Le masseur était au top aussi !

Là, de retour dans ma chambre avec grande fenêtre et ventilo de plafond (ce luxe par rapport à hier !), je ne vais pas tarder. Je veux partir tôt demain et de toute façon, la lumière ne me laissera pas faire la grasse mat’…et ça me va très bien !

Donc, tout va bien et à demain !

Phnom Penh : premières impressions

Après un vol Paris – Vienne et une escale où j’ai tout juste eu le temps de faire le transfert et remplir ma bouteille d’eau, un vol Vienne – Bangkok où l’escale m’a rappelé des souvenirs et un vol Bangkok – Phnom Penh, je suis arrivée en bon état et munie de tous mes bagages.
L’aéroport international de Phnom Penh a l’envergure de l’aéroport international de Beauvais. Les procédures pour entrer dans le pays valent celles des états-unis par contre. Visa avec photo d’identité, prise des empreintes digitales et amabilité à la hauteur d’un contrôleur des douanes (normal me direz-vous).

J’ai pris un taxi plutôt qu’un tuk-tuk et bien m’en a pris. D’abord le trajet est quand même relativement long et la circulation particulièrement encombrée et nauséabonde.

La guesthouse Okay Gueshouse est moyenne je trouve. D’autant qu’ils ont zappé ma resa et que je me retrouve dans une chambre sans fenêtre dans laquelle j’ai dû réclamer un coup de ménage / changement de drap avant de m’installer. Ce qu’ils ont fait sans problème ceci étant dit.

Ensuite, je suis partie pour faire un tour à pied. Il était déjà 17h mine de rien. Je me suis donc promenée autour des principaux points d’attraction a pied, c’est quand même une ville assez ramassée. Plutôt genre ville moyenne de province. Rouen un peu.

J’ai assisté à une prière à un temple bouddhiste / hinddhouiste (pas sûre encore) sur le quai Sisowath puis je suis passée devant le Palais Royal et le Musée National.

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Pour la prière, ils achètent des bâton d’encens, des fleurs origamisées à partir de boutons de fleurs de je ne sais pas trop quoi ou des oiseaux dans des cages qui sont achetés pour être relâchés. Ça me paraît un peu stupide ce marché qui consiste à capturer des oiseaux pour les faire acheter à des gens qui les libèrent… J’imagine dans une optique d’alléger son karma… Bref.

Ensuite, je me suis redirigé vers mon hôtel en passant devant le Mémorial de l’Indépendance (1953 : la France rend son indépendance au Royaume du Cambodge) qui leur sert un peu de Panthéon local.

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Puis un peu soûlée par la circulation ultra-bruyante et anarchique, je me suis posée dans le resto à côté de ma guesthouse où je viens de m’arracher la gueule bouche avec une salade de bœuf et du riz au son d’une bien bonne playlist.

Et jusque là, tout va bien !