Fjord de Saguenay côte nord et les baleines à Tadoussac

Quand je suis partie ce matin, c’était en plein brouillard au niveau de l’auberge de la rivière Saguenay. Mais dès que je suis un peu remontée, j’ai aperçu le soleil même si le fjord restait assez embrumé.

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Puis j’ai commencé ma route vers Tadoussac avec un horaire à respecter : à 15h30 il me fallait être aux Escoumins pour une sortie d’observation des baleines en kayak de mer dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Sainte-Rose-du-Nord

Ce village est décrit comme un des plus beaux villages du Canada. Autant vous dire tout de suite que ça ne vaut par la beauté du village en lui-même ou des maisons. Oubliez les références françaises des « Plus beaux villages de France » comme Locronan, Saint-Emilion, etc.

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Ici, ce qui est beau c’est encore et toujours le paysage, la localisation du village. Construit par des bûcherons, ce village est situé sur le fjord, bien utile comme voie de transport, communication et échanges.

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Il y a un petit quai (historique) où accostent de jolis voiliers et où pêchent des pêcheurs. Et ça mordait vraiment pas mal. En 10 min d’observation, j’en ai vu remonter des lignes à 3 ou 4 poissons de manière régulière. Bon, j’ai demandé le nom du poisson qu’ils pêchaient mais là, bien sur, ça m’échappe. Des es… ?? Ça ressemblait à des sardines en tout cas.

Tadoussac

Ensuite, j’aurais aimé m’arrêter au parc du fjord de Saguenay à la Baie Sté Catherine où l’on peut observer, à la jumelle, depuis la côte des bélugas (petites baleines blanches). Malheureusement, le temps me manquait et j’ai donc continué mon chemin vers Tadoussac.

Tadoussac est vraiment joli pour le coup. Je n’ai pas encore fait de photos hormis celle de ma chambre toute coquette dans un joli B&B style anglais.

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À Tadoussac, j’ai juste eu le temps de m’installer, d’aller prendre un déjeuner tardif mais copieux au café Bohème au soleil et de retourner enfiler un maillot pour mon excursion.

Observation des baleines en kayak de mer

Bon alors si vous vous demandez si ça vaut le coup, la réponse est très clairement oui !!! La sortie est très bien préparée et équipée (pas froid). Pas besoin d’aller au large, le fond est immédiatement très profond (100-150 m) et les baleines viennent rabattre le krill contre les rochers pour les manger.

Suivant les jours, on peut voir des marsouins, des bélugas, des petits rorquals, des rorquals communs, des baleines à bosse ou encore la grande baleine bleue (plus grande que le plus grand des dinosaures pour rappel).

Bon, nous n’avons vu « que » 2 petits rorquals et des gros phoques gris. Mais quelle vision ! Le petit rorqual mesure entre 5 et 7 m de long. Et nous en avons vu un à 6 m de nous (la longueur d’un kayak). Elle est sortie entièrement de l’eau plusieurs fois pour s’alimenter, gueule ouverte. C’était juste époustouflant. Au début, quand on voyait « juste » son panache de loin et son dos sortir pour respirer, on poussait tous des Oh ! et des Ah !. Après l’avoir vu sortir près de nous entièrement plusieurs fois, on est presque devenus blasés ! Presque, parce qu’à chaque souffle entendu, tout le monde se retourne de tous côtés pour voir.

Rentrer sur la terre ferme a été bien difficile malgré la nuit et le froid qui tombait.

Le long de la rive, il y a le camping Mer et Monde (même organisme que pour l’excursion). Sur ce camping, tous les emplacements (36, réservez vos places) sont directement au bord de l’eau, voire sur des plateformes spécialement construites sur la côte rocheuse. Les campeurs sont aux premières loges pour observer des baleines toute la journée et même réveillés par le souffle des baleines le matin. Et pour l’avoir vu et entendu, je vous assure que c’est vrai. À faire donc pour les résidents au Québec…

Parce que le côté étonnant de tout ça, c’est que Tadoussac ne se trouve qu’à 2h de Québec. C’est assez bas pour tous ces cétacés mais cela est dû aux courants froids hérités de l’hiver canadien et de la fonte des glaces qui apporte beaucoup de nutriments dans l’estuaire et attire le plancton qui lui-même attire les baleines.

Je vais aller me coucher, la rétine encore imprimé de ces images grandioses. Demain matin, nouvelle excursion mais dans un gros catamaran à moteur… J’espère en voir encore et jusqu’ici, tout va bien !

On the road again : du parc de Mauricie au lac St. Jean

Hier soir, je ne lavais pas dit mais j’ai dîné au gîte La Tempérance avec une famille de français. Le dîner préparé par notre hôte était délicieux et sur-abondant. Soupe carotte-gingembre, délicieux pâte au poivre vert, brochettes d’artichaut, maïs vapeur, barbecue de pilons de poulet, saucisses et saumon, compotée d’oignons et pour finir un gâteau à la carotte. Les enfants ont même eu le droit à des chamallows grillés au barbecue par Daniel qui leur a raconté des tas d’histoires très drôles.

En voiture Simone !

Ce matin, après un petit déjeuner aussi pantagruélique que le dîner de la veille, j’ai pris la route pour le long trajet de 4h30 jusqu’au lac Saint Jean. La route est sublime de bout en bout. On longe quasi constamment, le saint-Maurice, puis des lacs et des lacs et des rivières pour finir par arriver sur le lac Saint-Jean… tellement immense qu’on ne voit pas l’autre rive. Et encore, c’est un petit lac comparé aux grands lacs (regardez sur une une carte du Canada… vous verrez !)
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Val-Jalbert

Vers 14h, je suis arrivée et au lac et je suis allée visiter le Val-Jalbert, un village de compagnie et village historique. Ce village construit par et autour de la Pulperie de M. Jalbert a été vraiment en activité et expansion jusqu’en 1927 où la pâte mécanique produite ne correspondait plus à la demande du marché (qui demandait de la pâte chimique, blanchie).

La chute Maligne
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Panorama du lac :
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La chiite Ouaichouan :
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Le village est devenue un village fantôme et n’a été restauré que dans le années 80-90 pour en faire un site touristique. La visite est intéressante. On peut profiter du panorama sur 2 sites de chutes (la chute Maligne et la chute Ouaitchouan, du nom de la rivière Ouaitchouan qui signifie flots aux bouillons blancs) et le lac.
Le spectacle dans l’ancien moulin avec sons lumières, flocons de neige et brume :
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L’école extérieur / intérieur :
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Cependant, si les maisons ont été structurellement restaurée, il manque une mise en scène plus poussée à l’intérieur. Le bureau de poste et l’école sont bien meublé mais le reste est un peu minimal pour un village qui se promet immersif…. surtout pour 30€. Ce tarif me semble excessif.
Maisons des ouvriers, rénovées ou non…
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Maison Robertson

Ce soir je dors encore dans une bâtisse ancienne : un comptoir de peaux bâti en 1890. Le premier comptoir de la région bâti par un homme d’exemption. Cet aïeul de l’hôte actuel à non seulement suivi une autre voie que son père (qui travaillait à la Hudson Bay company) en ouvrant un comptoir, mais de plus il s’est marié avec une autochtone, apprit la langue et inventé le commerce équitable en refusant de payer un tas de peaux avec seulement un fusil comme cela se pratiquait. Il évaluait le prix de la livraison de peaux et donnait en échange la valeur en denrées et fournitures.

La maison elle-même est un peu kitch avec des trophées de chasse partout (dont un orignal – c’est énorme cette bête !) et de l’artisanat indien, Innut mais M. Robertson est adorable !

Demain, grosse journée avec le zoo (prononcez zou) de St. Félicien et la route vers Saguenay… Mais jusqu’ici, tout va bien !

De Mont-Tremblant au Parc de la Mauricie

Au programme aujourd’hui : le trajet entre Mont-Tremblant et Charette via Trois-Rivières.

Au petit déj., j’ai un peu discuté avec un couple de québécois. La femme avait l’air d’avoir la trentaine mais en fait elle avait 42 ans et 5 enfants entre 19 et 5 ans… La mère qui travaille et le père « monteur de ligne » (électricien spécialisé dans les réparations des lignes électriques vu qu’il n’y a pas de lignes enterrées ici) s’offraient une semaine off. Une vraie famille de québécois typique !

Borealis : Trois-Rivières

Comme il faisait fort pluvieux aujourd’hui, j’ai pris la route assez tôt et filé vers Trois-Rivières. Là, j’ai fait la visite du centre d’histoire de l’industrie papetière. De la coupe du bois au papier en passant par les draveurs (détournement de « log driver » – les conducteurs de bûches sur les rivières) et l’utilisation de l’eau, le musée se trouve dans l’ancien bâtiment de traitement de l’eau de l’usine de papier de la CIP (Canada International Paper). On y trouve une machine de fabrication de papier miniature (utilisé pour la formation) de seulement 10-15 mètres de long (!) et un réservoir d’eau souterrain qui m’a fait penser à la citerne millénaire d’Istanbul.

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Sinon, j’ai aussi appris quelques nouveaux mots :

  • Pitoune : dérivé du terme « Happy town » où allaient se délasser les bûcherons pendant la saison de coupe l’hiver. Ça désigne à la base une jolie fille puis aussi les bûches qui voyageaient sur le fleuve entre la forêt boréale et l’usine.
  • Godendart : désigne la scie à deux hommes inventée par un allemand, « le gars d’en dehors ». Je vous le ferais bien avec l’accent, la parentèle phonique serait plus claire 😉 Mais quand j’ai eu les explications par le guide, c’était très clair !

Charette et la suite de luxe

Après cette visite très intéressante, j’ai repris la route pour aller m’installer dans mon gîte de La Tempérance. Cet ancien presbytère a été entièrement et superbement rénové et m’a plongée dans le 19ème siècle ! En plus, suite à une annulation, j’ai eu le droit à la suite « Au 7ème ciel », la meilleure chambre. Si les deux nuits dernières j’étais logée comme une reine, ce soir c’est comme une impératrice !

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Sortie pour souper

Ici, on déjeune le matin, on dîne le midi et on soupe le soir. Ce soir, je suis donc allée souper à l’éco-café « Au bout du monde » d’un burger d’effiloché de sanglier. Un délice.

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Le retour surtout a été épique. Juste avant de repartir, un orage assez violent a éclaté. Mouillée et frigorifiée, j’ai pris la route de nuit sous la pluie (il fait nuit vers 20h). De la brume s’élevait de la route éclairée par mes phares. Des crapauds sautaient sur la route à tout va. J’espère que je n’en ai pas écrasé mais je ne suis pas sûre. Un raton-laveur m’a regardée passer depuis le bord de la route. Des éclairs illuminaient des maisons esseulées sur le bord de la route. Un peu de musique flippante et je me retrouvais dans un film d’horreur… Ou de la musique onirique et j’étais dans un film de fantasy ou de conte de fée !

Mais en roulant à 2 à l’heure et avec mon super char, jusqu’ici tout va bien !