Les temples d’Angkor à vélo

J’ai commencé ma journée par un succulent petit dej khmer avec du riz, du poulet sauté, une assiette de fruits tropicaux, un shake multi-fruit et un thé. Ensuite j’ai récupéré mon vélo et à 7h15, j’étais en route pour ma visite à vélo. À peine sur la route, j’ai regretté de ne pas être partie plus tôt car il faisait déjà très chaud.

La route pour aller au au temple s’appelle le boulevard Général de Gaulle… On le retrouve vraiment dans toutes les villes le général 😉

J’ai acheté un billet trois jours non consécutifs et le premier garde que je rencontre me propose de m’emmener le lendemain en tuk-tuk. Comme j’ai prévu demain d’aller au village flottant de Kompong Pluk, il me faut effectivement un transport. On fait affaire pour 10$ en moto. Je préfère les motos, ça va plus vite que les tuk-tuk.

Puis, je continue à pédaler pour arriver devant la douve d’Angkor Vat. C’est immense. Le bassin forme un rectangle qui entoure totalement Angkor Vat, un rectangle de 1,5 km sur 1,3 pour 190 m de large… Ça donne une idée de la taille du temple à l’intérieur.

Quand j’arrive à Angkor Vat, le gardien qui contrôle mon billet tente lui aussi de me vendre ses services. Un peu comme si gardien était un job en intérim.

Il doit être 8h et des cacahuètes, mais il fait encore plus chaud si c’est possible. Je sors mon parapluie pour me protéger du soleil. La crème solaire, ça ne sert à rien quand on transpire autant.

Du coup, je prends peu de photos de l’extérieur. Avec un soleil aussi haut, les photos ne donneront rien. Par contre, je m’attarde sur les bas-reliefs qui sont très beaux. Cela surpasse tout ce que j’ai pu voir en Thaïlande. Ils sont extrêmement détaillés et racontent des histoires différentes : des extraits du Mahabharata (mythologie hinddhouiste) et des histoires de conquêtes du dieu-roi bâtisseur d’Angkor Vat, Suryavarman II. Angkor Vat date du 12e siècle, je n’arrive pas à imaginer la quantité de travail que tout cela représente.

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Angkor, au 12e siècle, c’est 1 million d’habitants contre 50 000 à Londres. Ce qui reste sont uniquement les temples et bâtiments royaux en pierre. Le reste était bâti en bois. Une vraie mégapole.

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Je repars vers le Ta Prom vers 10h. En chemin, je m’arrête au Prasat Kavran. À peine posé le pied par terre, je me fais harceler pour acheter des pantalons, des cartes postales, des bouteilles d’eau, etc. Ce temple n’est pas très intéressant de l’extérieur mais il a de beaux bas-reliefs en briques.

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Je continue mon chemin et j’arrive au Sra Seng, un immense bassin d’ablution… Quand je pense qu’il est tout petit par rapport aux grands barays (bassins de retenue d’irrigation) qui servaient à irriguer la région… Il va falloir que j’aille voir ça de mes yeux.

Le Ta Prom est encore à 5-10 min de vélo. J’arrive là-bas sur le coup de 11h15. Sur la route, beaucoup de minibus sont garés à mon goût. Une foi ta l’intérieur, ça se confirme. Les chinois sont dans la place et ils sont nombreux et aussi terriblement bruyants. Je me pose dans un coin pendant une petite heure, le temps de les voir partir déjeuner. A 12h15, c’est bon, je peux commencer à explorer.

Le Ta Prom est le fameux temple d’Angkor où les arbres se sont greffés sur la pierre. Il était totalement perdu dans la jungle quand il a été redécouvert. Le temple est au bord de l’écroulement un peu partout. Des étais sortent de tous les coins et de nombreux endroits sont bloqués par sécurité. A certains endroits, on ne sait plus si les arbres retiennent tout ensemble où s’il participe à l’écroulement général. Probablement un peu des deux. En tout cas, c’est très impressionnant.

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Je me dirige ensuite vers Angkor Thom, la cité fortifiée du 12e siècle. Je m’arrête d’abord au Ta Keo. Ce temple pyramidal a les escaliers les plus escarpés que j’ai jamais vu. Le Lonely Planète dit que c’est parce que les tours des temples (prasat) représentant le mont sacré Meru, là où vivent les dieux, l’ascension doit forcément se mériter pour les croyants.

En sortant du temple, je cherche mon téléphone pour regarder l’heure… Plus de téléphone. Comme je l’avais sorti pour écrire un bout de bloc en attendant la disparition des groupes au Ta Prom, je me dis que je l’ai peut-être oublié la-bas, bien que je n’y crois pas vraiment. Je demande à un conducteur de moto-dop s’il accepterait de me faire faire l’aller-retour. Il demande à ses clients, c’est ok. On est parti. Sur place je ne trouverais rien. Je demande aux gardiens et à la police touristique. Nada. On me conseille quand d’aller le signaler au poste de police.

Le moto-dop me ramène au Ta Keo et, déprimée, je vais m’assoir manger un morceau. Il est 15h. Je ne suis plus trop d’humeur à continuer. Je pense que je me le suis fait voler un des rares et brefs moments où j’ai posé mon sac par terre pour prendre des photos ou quand j’ai fait quelques mètres sans le refermer après avoir pris quelque chose. Finalement, je me dis que je n’ai pas traversé la moitié du monde pour voir Angkor et ne pas le voir. Je ferai les démarches ce soir, mais en attendant, je finis mon tour.

Je reprends mon vélo, pas très youplaboum quand même, vers Angkor Thom. J’y arrive par la porte est et tombe très rapidement sur la Terrasse des Éléphants. Ce bâtiment de 350 m est une longue tribune sur lequel se tenait le roi pour assister aux défilés de son armée, des éléphants, des cars, de l’infanterie, etc. Encore une fois hors de proportion, ce bâtiment est entièrement sculpté de bas reliefs. Les panneaux de visite m’emmènent notamment à une extrémité où des bas reliefs magnifiques sont en sandwich entre deux murs. Je n’ai pas trouvé d’explication dans le guide. Je ne comprends pas le pourquoi de cette configuration. Quoiqu’il en soit, ce sont des sculptures de danseuses célestes et de dieux me semble-t-il.

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Il est maintenant 16h passé et le soleil commence à donner une lumière plus intéressante. Je vais voir mon avant dernier temple : le Baphuon. Plus ancien que les autres que j’ai visité, son état est variable. En effet, les français avait commencé une rénovation en démontant la façade. Cependant, à leur arrivée au pouvoir, les Khmers Rouges ont détruit les registres permettant de suivre les emplacements des pierres retirées. La rénovation a repris en 1995 mais cela relève un peu du puzzle maintenant.

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Finalement, encore un tout petit coup de pédale pour aller voir le Bayon au coucher du soleil. L’avantage d’Angkor Thom, c’est que les différentes visites sont vraiment proches les unes des autres.

Le Bayon est le temple-mausolée du dieu-roi Jayavarman VII. Il est représenté plus de 200 fois sur les 54 prasat du temple (comme les 54 province de son royaume) histoire de bien pouvoir surveiller tout le monde. Pour le coucher du soleil, le temple n’est pas pris d’assaut, c’est très agréable. Il se trouve au centre exact de la cité d’Angkor Thom. Je le quitte quand le soleil passe derrière les arbres en anticipant avec peu de plaisir le trajet de retour.

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Juste en sortant d’Angkor Thom, je passe par la porte Sud, superbe, et la vue sur la douve immense qui encercle toute la cité. Une douve de 100 mètres de large.

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Sur le trajet, le vent se lève et je me dis qu’il va se mettre à pleuvoir. J’ai tellement chaud que j’en ai presque envie sauf pour le vent qui m’arrive, bien entendu, en face. Je m’arrête à la police touristique où un mec sans uniforme ni rien me fait les pires difficultés pour que je dépose plainte. Je préfère avoir les papiers au cas où que j’en ai besoin pour mes démarches en France. En gros, il voudrait que je dise que je l’ai perdu mais je ne le pense sincèrement pas. Il n’a pas pu tomber seul de mon sac et je suis quasi-sûre de l’avoir bien rangé la seule fois où je l’ai sorti. Bref, il m’a laissé déposer mon formulaire et il faut que je les rappelle (sic) mercredi.

Je suis rentrée à l’hôtel totalement crasseuse et épuisée. Je crois que je n’ai jamais eu les pieds aussi sales de toute ma vie. Mes vêtement étaient trempés de transpiration comme si j’avais passé 1h dans un sauna. C’est un peu le cas en fait, sauf que j’y ai passé 12h. Autant que je suis plus que ravie d’être dans un bon hôtel.

Une journée riche donc, mais difficile. Rien de grave, mais je suis dépitée. Donc, ça ne va pas mal mais j’espère que demain sera mieux… :/

En scooter autour d’Ubud

J’ai donc un jour de retard dans la rédaction de mon blog. C’est que la journée d’hier a été assez éprouvante et je n’avais juste pas le courage de m’y mettre en rentrant.

Après un réveil un peu compliqué mais très matinal, j’ai été prendre mon petit déjeuner pour me recoucher vers 9h et dormir jusqu’à 11h30… Ma première grasse matinée !

Ensuite, jai été louer un scooter pour la demi-journée avec l’idée d’aller faire une excursion dans le nord-est d’Ubud et visiter quelques temples.

Etape 1 : Goa Ragah

J’ai commencé par le Goa Ragah, la grotte de l’éléphant. Ce lieu très touristique mais néanmoins sacré est très ancien… autour de 1000 ans. On y trouve une source sacré comme souvent dans les lieux hindouistes et une grotte dont l’entrée est la bouche d’un immense démon. Le lieu est très plaisant. Je suis allée me perdre dans un petit temple dans un coin où un vieil officiant édenté m’a bénie avec de l’eau et fait prier devant l’autel. Ensuite il m’a gentiment extorquée un peu dargent avant de me renifler la main et de me demander qu’on se touche le nez 3 fois. Quand il m’a montré sa langue (tout se passait par signes), j’ai refusé ! Faut pas pousser quand même !

Étape 2 : Yeh Puluh

Ensuite, j’ai continué vers Yeh Puluh où une falaise de 25 m de long est entièrement sculptée d’une histoire hindouiste aussi me semble-t-il. Ce lieu se trouve au milieu des rizières et est très peu frequenté. C’est très bucolique. Après avoir pris un jus de clémentine pour me rafraîchir, car il faisait très chaud hier, j’ai continué ma route vers Tampaksiring.

Étape 3 : Gunung Kawi

À Tampaksiring, je me suis d’abord arrêtée au Gunung Kawi. Encore un lieu magique mais qui se mérite. Je n’ai pas compter les marchés en descendant dans la vallée mais je les ai senties passer en remontant. Lieu assez touristique mais comme c’était en fin de journée, j’ai surtout croisée des quantités de famille d’indonésiens qui allaient assister à la cérémonie en cours avec des piles d’offrandes sur la tête.

Le Gunung Kawi est un temple assez exceptionnel par sa situation et ses falaises sculptées le lieu est vraiment très beau et j’ai eu la chance de voir la cérémonie.

Étape 4 : Tirta Empul

Après avoir péniblement remonté les marches, je suis allée à Tirta Empul, un autre temple aux fontaines sacrées. Ce temple est lui aussi très beau avec des bains publics froids. Les indonésiens s’y baignent habillés et font une prière sous chaque bouche de la fontaine. Les enfants rigolent et grelottent. Les adultes font provisions d’eau sacrée.

L’enfer du retour

Le retour a été plus compliqué. Je me suis pas mal trompée de route en stressant car la nuit n’allait pas tarder à tomber. Finalement, je suis arrivée à Ubud après pas mal de tâtonnement, de demandes de direction et de demi-tour. Il faisait nuit.

On aurait pu croire que c’était bon mais non… Mon hôtel n’est pas vraiment à Ubud mais à Pemestanan, sur la colline de Campuan, au milieu des rizières. Il n’y a pas vraiment de rue à proprement parler devant l’hôtel mais un petit chemin bétonné. Je crois que j’ai bien galéré 45 min à 1h avant de retrouver enfin l’entrée du petit chemin. En plus, l’énervement montant, j’avais oublié que je portais encore mes lunettes de soleil. Je me disais que c’était la merde, que je n’y voyais rien, que j’avais vraiment eu une idée à la con quand j’ai fini par réaliser que j’avais mes lunettes de soleil. Si j’y ai tout de suite mieux vu avec mes lunettes normales, ça ne m’a pas vraiment calmée…

Bref, je suis bien rentrée pour m’écrouler au lit aussitôt que j’ai eu mangé. finalement, jusqu’ici, tout va bien !